mardi 28 mai 2013

Librairie Sonore (2ème partie) - Les métadonnées (metadata)

Cette fois-ci, nous abordons l'intégration de métadonnées dans nos fichiers sons. tout d'abord un petit retour sur la définition de métadonnée:

Définition Wikipédia à propos des métadonnées (metadata)

Une métadonnée (mot composé du préfixe grec méta, indiquant l'auto-référence ; le mot signifie donc proprement « donnée de/à propos de donnée ») est une donnée servant à définir ou décrire une autre donnée quel que soit son support (papier ou électronique).

La fonction générale des métadonnées est de permettre, lors dʼune recherche de sons pour un montage, sound design, etc. dʼavoir les informations complètes sur un son provenant dʼune librairie.
Pour chaque son, nous saurons donc de quel nature est le son enregistré, sa durée, les micros et éventuellement les «effets» utilisés pour la captation de ce dernier.

Le format dʼun fichier contenant des métadonnées est un BWF16. Un fichier BWF se compose dʼun fichier basique «Microsoft Wave» et dʼun «iXML». Cʼest à lʼintérieur de cet iXML que nous trouverons les métadonnées.

Les enregistreurs numériques tels que Nagra VI et Aaton CantarX permettent dʼintégrer directement à lʼenregistrement, sans passer par un éditeur, un certain nombre dʼinformations telles que timecode, prises, nom de scène, numéro de piste, commentaires, etc. en plus du nom de fichier.

Cependant, dʼautres enregistreurs moins évolués que Nagra et Cantar nʼintègrent pas ces données. Deux logiciels principaux sʼoffrent alors à nous pour les intégrer manuellement : Soundminer (payant) et BWF Metaedit (gratuit).

• BWF Metaedit

Logiciel gratuit créé par la FADGI (Federal Agencies Digitization Guidelines Initiative) qui regroupe plusieurs agences fédérales américaines ayant pour but de développer des aides au domaine audiovisuel, soit par le biais de logiciels, soit par le biais de guides en ligne.

Lʼinterface est froide au premier abord mais le logiciel permet dʼaccomplir parfaitement la tâche qui lui est confiée, c'est-à-dire lʼincrémentation de données iXML.


Les abréviations de champs à renseigner peuvent parfois être incompréhensibles, mais lʼaide très complète intégrée au logiciel permet de les maitriser en très peu de temps.



Cependant, ce logiciel nʼa pour seul et unique but que dʼincrémenter les données iXML, et pas dʼen faire une banque de données par la suite comme cela est le cas dans Soundminer.

• Soundminer v4 Pro

Il sʼagit de lʼéditeur de banques de données audio le plus populaire dʼun point de vue professionnel. Hormis son prix, 900$, Soundminer présente de nombreux avantages tels que la possibilité de lʼutiliser en réseau, la possibilité de lʼouvrir en ReWire dans les principales DAW, dʼavoir une pré-écoute des fichiers avec ou sans effets, mais surtout la possibilité dʼavoir un listing complet de notre banque de sons et de pouvoir incrémenter nos informations à nos fichiers.



Pour cela, après avoir fait un scan du dossier dans lequel se trouvaient nos sons, nous allons remplir tous les champs que nous souhaitons renseigner. Il nous est dʼailleurs possible de rajouter/supprimer des champs à lʼaide de l'icône ColumnView.


Une fois les champs renseignés, il nʼy a pu quʼà procédé à lʼécriture des informations dans le fichier. 



Cela permettra à une tierce personne récupérant vos fichiers, dʼavoir toutes les informations nécessaires liées à ces derniers. Attention tout de même, certains champs remplis dans soundminer sont propres à soundminer! C'est à dire qu'il ne pourront pas être lu dans un autre logiciel. Pour plus d'informations, je vous conseille de vous rendre sur http://www.ixml.info/ (en anglais)

lundi 27 mai 2013

Librairie sonore (1ère partie) - Renommer ses fichiers

Cet article est la première partie d'un dossier que je consacre à la création d'une librairie sonore.

Ne serait-ce quʼaprès une unique session dʼenregistrement, nous pouvons nous retrouver avec une cinquantaine de sons exploitables. Dans cette situation il convient de bien nommer nos fichiers afin de faciliter nos recherches et de se poser les bonnes questions.

Lʼune des premières choses à savoir est quʼun nom de fichier windows peut contenir 64 caractères là où un fichier Macintosh ne peut en contenir que 31. Il conviendra alors de se limiter au maximum dans la structure du nom de fichier afin quʼil soit accessible sur les différents systèmes dʼexploitation, nous pourrons nous concentrer par la suite à entrer tous les mots clés nécessaires lors de lʼincrémentation des métadonnées.

Une autre chose importante est, doit-on nommer nos fichiers en anglais ou en français ? 
Il faut penser international, nous privilégierons alors lʼanglais. Nous pouvons au sein dʼune société avoir également acheté une banque provenant de lʼétranger, il serat alors dans ce cas plus pratique de créer une même recherche de mots-clés en anglais. Si toutefois nous le voulons, nous pouvons rajouter en mots-clés les descriptions françaises. Il faut également éviter les accents, car ils peuvent être mal interprétés par les systèmes dʼexploitations anglophones et rajouter alors des caractères informatiques étranges, incompréhensibles et surtout inutiles.

Le sound-designer Ric Viers, dans son livre, The Sound Effect Bible, propose trois structures de noms de fichiers : 
- Nommer selon la catégorie 
- Nommer selon lʼeffet

- Nommer «numériquement»

• Nommer selon la catégorie

La plupart des sons dʼune librairie vont être regroupés dans de grandes catégories comme par exemple, ambiance, pas, explosions, technologies, etc. 
Il nʼexiste pas de règles dans ce domaine, chaque banque de sons disponibles sur le marché proposent des catégories différentes.
Un fichier nommé selon sa catégorie peut suivre cette forme : Catégorie, Nom, Verbe, Description, Nombre. 

Nous allons ici en donner certains exemples :
- SCIFI WEAPONS LASER BLAST 01.wav
- INTERFACE MENU SELECT PARASITE.wav

Nous pourrions croire que lʼutilisation dʼespaces serait utiliser des caractères pour rien, hors il est nécessaire que les mots soient détachés pour la recherche rapide sur les différents systèmes dʼexploitation. Lʼajout du underscore ( _ ) entre chaque mot est aussi une solution. Cette séparation permet également une lecture plus rapide et moins fatigante du nom de fichier. 

Utiliser ce que nous appellerons un «zéro de remplissage» (01, 06, etc.) , lors de la numérotation, permet un classement alphabétique informatique correct. Sans cela nous risquons de nous retrouver avec une liste de type 1, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 2, 21, 22,...

La casse a également son importance, non dʼun point de vue informatique, mais surtout pour faciliter la lisibilité. Il est préférable dʼutiliser soit uniquement des majuscules, soit uniquement des minuscules. Le mélange majuscules/minuscules peut être fatiguant lorsque nous sommes en train de consulter une liste de sons.
Exemple: 
- SciFi Weapons Laser Blast 01.wav 
- Weapon METAL Impact Bullet 01.wav 
- TECHNOLOGY button Press DVD player Eject tray OPEN 01.wav

• Nommer selon l’effet

Cela consiste à utiliser le nom en premier et à ne pas intégrer la catégorie.
Exemple :
- METAL IMPACT BULLET 01.wav
- BUTTON PRESS DVD PLAYER EJECT TRAY OPEN 01.wav

Cela peut être utile si les sons sont déjà disposés dans des dossiers portant le nom de la catégorie mais peut ralentir le processus de recherche manuelle.

• Nommer numériquement

Cela peut essentiellement servir à référencer rapidement des données dans des listes destinées à des personnes ou encore lorsque notre banque est principalement destinée à être lu sur un logiciel de métadonnées. 
Ex : 
- METAL IMPACT BULLET 01.wav
 peut ainsi devenir 
- MTL_IMP_BLLT_01.wav
 ou 
- MTL_0001.wav
 voir carrément 
- 000001.wav 
A partir de ce moment la recherche manuelle devient quasi impossible.

mercredi 22 mai 2013

Travailler avec un monteur qui utilise Final Cut 7

Je propose ici la traduction d'un article publié sur l'excellent site www.dynamicinterference.com sur un problème trop courant: la désynchronisation du son avec l'image lors du montage sous Final Cut 7. L'article original écrit par Shaun Farley peut être trouvé ici


Voici ici quelques conseils qui peuvent s'avérer utiles de garder dans un coin de sa tête, particulièrement si vous avez l'habitude d'entendre ces propos: "Les fichiers que tu m'as envoyé ne sont pas synchronisés avec l'image".

Cette conversation commence toujours par une forme d'agression passive blâmant l'ingénieur du son pour le problème. Cela peut être une possibilité, mais soyons clair, le problème vient bien souvent de Final Cut lui-même.
Evidement nous devons procéder de manière rationnelle et par étapes afin de démontrer que le problème ne vient pas de nous. Voici les quelques point à éclaircir avant de pouvoir blâmer complètement Final Cut, ...et, dans une certaine mesure, le monteur:

1. Est ce que le son "glisse" de manière constante, ou juste à certains moment?
{si le son glisse constamment, alors Check}
2. Est ce que vous même et le monteur utilisez le même fps?
{oui? Check}
3. Si vous utilisez une horloge externe, est elle correctement configurée?
{oui? Check}
4. Avez vous, dans votre session ou pour le bounce, activé le pull up/ pull down de frame rate? {non? Check}

Si vous êtes certains de ce que vous avez fait, et qu'aucun autre facteur n'a pu contribuer à ce glissement (fréquence d'échantillonnage peut-être?), c'est qu'il s'agit probablement de Final Cut. Je dois préciser qu'il s'agit d'un problème rencontré avec la version 7 (peut être 6 aussi, je ne me souviens pas...ça fait un bout de temps). Je ne sais pas si ce problème intervient avec FCPX. Je n'ai jamais travaillé avec quelqu'un utilisant cette version; et je pense que ce ne sera jamais le cas.

Le problème typique est la synchronisation qui glisse. Les indicateurs précoces sont que si vous travaillez avec des sessions qui ont la même durée exactes qu'une séquence final cut, alors la région audio va être soit plus courte, soit plus longue que la séquence complète importée dans votre éditeur. Cela va alors commencer par glisser comme s'il s'agissait d'une problème de frame rate ou de fréquence d'échantillonnage. En vérité, c'est le cas. Ce qui communément pose problème ici, sont les préférences systèmes de FCP. La séquence est calibrée sur un frame rate, quand tous le reste de la session est calibré par défaut sur un autre. Importons par exemple une séquence à 23,976fps dans une session à 29,97fps. Devinez ce que va faire FCP quand vous allez importer?

Si votre réponse est "prendre le frame rate de la session", bravo, c'est exact. On pourrait croire qu'un fichier audio importé, long de 30minutes, restera de 30 minutes dans la session, mais ce n'est pas le cas. FCP va essayer apparemment de compenser le problème de frame rate dans la timeline (car certaines metadonnées peuvent contenir des informations de frame rate). FCP peut alors, après tout, avoir plusieurs formats différents de média sur une timeline. {Ce qui est une aberration, pour plusieurs raisons... mais restons concentrés sur notre sujet}

Pour corriger ce problème il faut donc définir les paramètres par défaut dans FCP, en fonction du frame rate des médias importés. Sinon Final Cut va tout simplement, réécrire les données dans les metadonnées! {de la séquence vidéo et bien entendu du fichier audio...}

Ceux qui ont pensé chez les développeurs de FCP que ceci serait une bonne idée mériteraient une bonne raclée! Si les paramètres ne correspondent pas avant l'importation du fichier, Final Cut va probablement réécrire définitivement comme il le souhaite les métadonnées... car peu importe les tentatives ultérieures d'utiliser ce dossier, même une fois retiré du projet, réimporter à partir de l'emplacement original sur le disque dur, donnera par la suite le même résultat... le glissement de la synchronisation. Le fichier est définitivement corrompu! Votre monteur va avoir besoin d'une copie toute fraiche de ses fichiers.

Le fichier que le monteur a à l'origine importé à besoin d'être effacé de son système et de charger de nouveau une copie intacte dans une nouvelle session. Si vous utilisé un serveur partagé, vous pouvez espérer que le monteur ai conservé une copie de secours sur un autre disque avant de l'importer. Espérons également que vous n'avez pas bouncé directement votre fichier sur le serveur (ce qui reviendrais à dire que votre fichier est également corrompu dans votre système, et alors de se reposer la question de la copie de secours, etc.). Si tel est le cas alors, à vous la joie de rebouncer une nouvelle fois votre fichier.

Une fois que le monteur a opéré le changement dans ses préférences Final Cut, il faut qu'il importe les nouveaux fichiers non corrompus, et le problème sera réglé. Cela m'est arrivé tellement de fois que j'ai arrêté de compter. Selon Charles Dayton, changer le fichier audio en quicktime file éliminerais également totalement le problème.

J'ai vu beaucoup de personnes mentionner ce problème sur internet. Ce problème peut également intervenir lorsque vous importez des fichiers originaux d'autres productions. Donc gardez un oeil là dessus également. J'espère que cette astuce vous évitera de vous arracher les cheveux dans le futur.

PS: Il me semble que ma traduction est assez fidèle à l'idée exprimée dans l'article original. Si toutefois vous notiez des erreurs, merci de me le faire savoir et je corrigerais.